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ocaph rapport 25 oct
Karl Jean Louis Directeur exécutif de l’OCAPH
Karl Jean Louis
Directeur exécutif de l’OCAPH

Cette crise de gouvernance que nous vivons aujourd’hui n’est autre qu’une défaillance de l’élite Haïtienne. Un exécutif qui n’a pas su gérer la crise électorale. Une opposition qui improvise et n’a pas une structure nationale. Une société civile faible, exclusive, à court d’idées, et incapable de parler au nom de la majorité nationale.

Quels sont les sacrifices à faire pour sortir de la crise?

1. Le Parlement doit rester au-dessus de la mêlée. Co-dépositaire de la souveraineté nationale, cette institution démocratique a la lourde responsabilité d’assurer, sous l’observation de la société civile, le processus qui est mis en place pour élire un Président Provisoire. Ce processus doit être transparent et demande le recul nécessaire de l’institution. La crédibilité de la 50ème Législature dépendra des actes qui vont être posés dans les 48-72 heures qui viennent. Pour construire la confiance chez tous les secteurs, il faut bien des sacrifices de part et d’autre.

2. Le Président Provisoire une fois élu doit avoir la sagesse qu’il faut et le sens du sacrifice nécessaire pour rallier tous les secteurs vifs du pays autour d’une mission. Cette mission ne peut être que l’organisation des élections. Pour y arriver, le choix du Premier Ministre doit être calculé, mesuré, axé sur la sagesse de l’homme, son intégrité, sa capacité à mettre en confiance tous les secteurs.

3. Le Premier Ministre de consensus doit avoir le courage de se sacrifier en faisant tout en son pouvoir pour rallier tous les forces vives du pays autour des élections. Une attention toute particulière doit être apportée aux jeunes, aux femmes, composant la majorité silencieuse qui n’a pas pris part aux élections du 9 Août et du 25 Octobre 2015.

4. La société civile doit pouvoir proposer de vrais citoyens avec un sens de la responsabilité, une crédibilité pouvant mettre en confiance l’électorat. Issue de la société civile, structure autonome, le prochain conseil électoral doit à son tour jouer son rôle en faisant appel d’abord à l’implication et la mobilisation citoyenne dans le processus électoral, car la légitimité des élections et des élus passe obligatoirement par le taux de participation des citoyens.

– Haïti a-t-il des hommes politiques qui veulent se sacrifier pour le bien-être du pays?
– Haïti a-t-il des leaders avec la capacité de répondre à ce vacuum, de gérer cette crise de Gouvernance?
– Les Haïtiens sont-ils incapables de gérer leur pays?
– Est-on vraiment un état en déliquescence?
Autant de questions qui rapidement trouveront des réponses par les actes de la 50ème Législature.

Que Dieu apporte la sagesse, l’humilité et le sens du devoir aux acteurs de la scène politique. Il serait intéressant d’apprendre des leçons tirées du Rwanda qui a vécu en 1994 un vacuum de leadership similaire.

Karl Jean Louis

Tags : Conférences Débats et FormationsPacte pour l’Intégration des jeunes
Jean Paul

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